Notre réponse aux lettre de BNP Paribas

mercredi 29 avril 2015

Depuis son lancement en mars 2015, Scan des banques est très fréquenté par le public. En effet, plus de 20.000 personnes ont visité le site et plus de 1.000 ont envoyé un message à leur banque. Plusieurs banques ont réagi aux nombreux e-mails afin d'expliquer leur position. Est-ce que leurs explications sont satisfaisantes? Sur quels points devons-nous insister pour pousser les banques à prendre des mesures vers une politique véritablement durable? Nous avons formulé un feed-back pour chaque banque. Lisez notre réponse aux lettre de BNP Paribas: 

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"Cher(e) client(e) de BNP-Paribas,

Avez-vous déjà reçu une réaction de la part de Belfius suite à l'e-mail que vous leur avez envoyé via Scan des banques ? En tant que fondateurs du Scan des banques (FairFin, Réseau Financité, Bond Beter Leefmilieu, 11.11.11., CNCD-11.11.11, Amnesty, Oxfam Belgique et Netwerk Bewust Verbruiken)nous aimerions apporter quelques précisions sur le score général de BNP-Paribas, la politique climatique de la banqueainsi quesur la représentativité de nos résultats de recherche. D’après nous, les progrès à accomplir dans le domaine de la durabilité financière restent énormes. Afin de faire avancer les choses, il importe d’informer correctement les clients de ces banques, afin qu’ils soient en position de faire leurs propre choix et ce sur base de données claires.

Commençons par le score général de BNP-Paribas. Les commentaires de BNP-Paribas ne portent que sur une très petite partie de notre étude de durabilité. BNP-Paribas peut évidemment critiquer les scores très faibles que le réseau Fair Finance lui a octroyés pour sa politique en matière de changement climatique. On peut cependant regretter le silence de la banque sur ses autres scores, tout aussi faibles, qui concernent les rémunérations, les droits humains, le droit du travail, la gestion fiscale ou encore la question environnementale. On peut dès lors légitimement douter que BNP-Paribas s’engage à améliorer sa politique de durabilité sur ces sujets. Les clients de BNP-Paribas qui ont fait part de leur mécontentement envers leur banque partageront sans doute notre déception. Répétons-le : la durabilité financière nécessite une politique intégrée, et donc des améliorations tangibles sur plus d’un seul terrain.

Pour ce qui est de la politique climatique de BNP-Paribas, quelques points fondamentaux nécessitent d’être éclaircis. On ne peut que se réjouir que BNP-Paribas ait renoncé l’an dernier à différents investissements dans des centrales à charbon. Mais en pointant ce fait isolé au sein du portefeuille d’investissement global, BNP-Paribas risque de mal informer ses clients. Pourtant, la banque vient d’affaiblir sa politique concernant la production d’énergie à partir du charbon. En effet, en supprimant les normes d’émissions de gaz à effet de serre pour les petites centrales à charbon, BNP vient de s’accorder le droit de les financer dans l’ensemble des pays émergents et en développement. On comprend dès lors pourquoi BNP-Paribas continue à figurer parmi les dix plus grands financeurs mondiaux du charbon, comme l’a montré une recherche de l’ONG BankTrack.[1]

Il est aussi à noter que BNP-Paribas ne couvre que quelques secteurs spécifiques dans sa gestion climatique. Nous appelons la banque à prendre en compte, et à réduire, les émissions de toutes les entreprises qu’elle finance. Là encore, la communication de BNP-Paribas n’est pas suffisamment claire. Ici et ailleurs, la banque fait savoir que les entreprises les plus importantes de son portefeuille de financement tirent déjà 23,3% de leurs besoins énergétiques des énergies renouvelables, et seulement 59,5% des combustibles fossiles. Mais cette méthode de calcul inclut uniquement les prêts accordés par BNP-Paribas à des entreprises. Notamment, cette politique exclue les financements accordés aux entreprises sur les marchés financiers, par des émissions d’actions et d’obligations, tandis que la majorité des financements passent exactement par ces moyens de financement. Il s’agit donc d’une politique peu cohérente avec la logique de transition énergétique revendiquée dans les documents de gestion durable de BNP-Paribas. [2]

Enfin, revenons sur la représentativité de nos résultats de recherche. Les porte-paroles de BNP-Paribas ont raison de rappeler que notre étude n’est pas la seule qui analyse la gestion durable des banques. Il va de soi que chaque méthodologie a une logique et des critères spécifiques, ce qui peut rendre la comparaison malaisée. Notre recherche s’appuie intégralement sur des documents publics (rapports RSE, documents des référence etc.) publiés par les banques elles-mêmes. A partir de ces documents, nous avons comparé les ambitions affichées par BNP-Paribas (et d’autres banques) en termes de durabilité avec les standards internationaux en matière de gestion d’investissements (en particulier ceux de l’ONU et de l’OECD). C’est bien à l’aune de ces critères que BNP-Paribas obtient des scores particulièrement faibles. Alors que BNP-Paribas fait fréquemment référence à ces normes et standards internationaux, l’implémentation des principes concrets qui en découlent laisse à désirer. Il va de soi que nous tenons notre méthodologie de recherche et ses résultats précis à la disposition de quiconque souhaite les consulter. Nous rappelons également que l’occasion a été donnée aux banques d’examiner de près notre méthodologie.

Cette transparence, hélas, ne caractérise pas toutes les agences de notation citées par BNP-Paribas dans sa réaction à notre étude. Entre autres, le Dow Jones Sustainability Index dans lequel la banque est inclue, est fortement controversé depuis quelques années, car ni ses critères d’audit ni sa méthodologie de sélection ne sont accessibles au publicou aux tierces parties indépendantes. De plus, l’élaboration de pareils index par des acteurs boursiers ouvre la voie à des conflits d’intérêts majeurs entre la partie qui est notée et l’auteur de la notation. Ainsi, il est peu surprenant de voir figurer dans ce même Dow Jones Sustainability Index des champions mondiaux d’émissions de CO2 comme les entreprises italiennes énergétiques Eni et Enel, ou encore la firme énergétique allemande RWE.

En espérant avoir pu vous aider à vous informer correctement,

Avec nos meilleures salutations durables,

Scan des banques Belgique | BankWijzer België"

[1] Banktrack (2013), Banking on Coal, http://www.banktrack.org/download/banking_on_coal/banking_on_coal_4_67_6.pdf; Pour les données les plus récentes, voir http://www.coalbanks.org/#score;

[2] BNP-Paribas, Annual Report (2013, pp 446): https://invest.bnpparibas.com/sites/default/files/documents/ddr_2014_bnp_paribas.pdf

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